ADAPTER LA VILLE

NOS PROPOSITIONS

Constat et ambition

Veiller à garantir l’accès au logement

➔ Ouvrir une maison du logement

➔ Garantir l’accès à un logement digne

➔ Développer une politique d’urbanisme solidaire

➔ Mieux répondre aux différents parcours de vie

➔ Permettre au citoyen d’être acteur de son logement

➔ Rénover massivement les logements

Réaliser l’égalité Femmes-Hommes

Vivre mieux ensemble

➔ Inclusion des personnes handicapées

➔ Accueillir les chercheurs de refuges

➔ Créer une carte des “Droits”

➔ La Ville des enfants

➔ La Ville des jeunes

➔ La Ville des aîné.e.s

➔ Condition animale

Prendre soin de chacun.e

➔ Renforcer la sécurité des biens et des personnes

➔ Renforcer la sécurité sanitaire

➔ Prévenir et améliorer la prise en charge des conduites addictives

➔ Veiller à garantir la sécurité alimentaire

Réaliser de véritables quartiers apaisés

➔ Limiter les vitesses de circulation, calmer le trafic

➔ Réorganiser le stationnement et l’espace libéré

➔ Créer des “oasis urbains”

➔ Créer promenades vertes

➔ Installer les quartiers apaisés de manière progressive

Se déplacer sereinement

➔ Lancer un grand plan piéton

➔ Un plan d’urgence Vélo Métropolitain

➔ Pour des transports en commun au service de chaque usager

Partager équitablement la voirie et desservir tous les quartiers

Revoir le fonctionnement du réseau pour le rendre plus attractif

➔ Utiliser la Garonne

➔ Adapter le service et le coût pour l’usager

Vers une utilisation partagée et réduite de la voiture et une réorganisation des livraisons

➔ Développer l’autopartage et le covoiturage

➔ Promouvoir le télétravail

➔ Ralentir les déplacements automobiles

➔ Encourager la réorganisation des livraisons

Bouger, découvrir, s’ouvrir

Ces propositions sont issues de nos ateliers participatifs.

Elles sont le vivier de notre programme.

Pour suivre nos actualités :

Nos propositions sont sous CCO (Creative common) et donc librement exploitables par chacun.e. Nous saurons juger la copie par rapport à l’original.

Constat

En 2050, le climat de Bordeaux sera celui de Séville d’après l’étude Acclimaterra. Le 23 juillet 2019, il faisait déjà 41,2 °C sur la place Pey Berland ! Si nous étions confrontés à une rupture de l’approvisionnement en pétrole, l’autonomie alimentaire de Bordeaux serait de deux jours tandis que nous perdons chaque année 1800 ha de foncier agricole en Gironde.

Ambition

Nous imaginons Bordeaux tournée vers l’avenir, capable de relever le défi climatique. Nous voulons une ville à la pointe de l’innovation écologique, aussi dynamique en échanges humains que sobre en dépense énergétique. Nous voulons des politiques publiques qui préservent nos ressources et qui replacent l’humain et la nature au cœur de ses projets. Nous accompagnerons les acteurs locaux dans la nécessaire mutation de leur modèle pour créer un écosystème résistant et soutenable en soutenant fortement l’artisanat local, le commerce de proximité durable, les formes d’activité coopérative et les entreprises de l’économie sociale et solidaire.

Sauvegarder la biodiversité et remettre la nature au coeur de la ville

Constat

Les études récentes montrent une chute de la biodiversité sur l’ensemble de la planète. En Nouvelle-Aquitaine également, l’étude Ecobiose révèle une érosion accélérée de la biodiversité dont nous faisons partie, comme l’ensemble des êtres vivants. Nous dépendons de la nature pour nous nourrir, nous chauffer, nous vêtir, nous meubler. Les arbres et les forêts urbaines augmentent la capacité de stockage du carbone, dépolluent l’air et améliorent la santé des habitant.e.s.

Ambition

À Bordeaux, nous voulons permettre à la Nature de reprendre ses droits dans la Ville.
Nous souhaitons permettre aux populations de tous les quartiers de se ressourcer dans des lieux apaisés et apaisants, de se reconnecter au Vivant, grâce à la présence de parcs ou de squares de proximité.
Nous pourrons atteindre ces objectifs à l’unique condition d’impliquer l’ensemble des parties prenantes de la vie municipale : élu.e.s, technicien.ne.s, citoyen.ne.s, entreprises, … aux enjeux environnementaux. Nous partagerons une “culture de la Nature”, c’est à dire une meilleure compréhension des mécanismes qui animent notre environnement. Pour cela, nous mettrons en œuvre une stratégie globale de référence, écologique et sociale. Elle sera le fil conducteur, dans la logique d’adaptation du territoire, de toutes les déclinaisons opérationnelles en matière de préservation des ressources, de gestion des espaces naturels, de projet urbain et de développement économique.

 

Pour mieux comprendre notre projet, nous vous proposons de visionner une vidéo réalisée par l’Agence régionale de la Biodiversité d’Île-de-France “Bâtiment et biodiversité : et si l’on pensait les villes et les bâtiments comme des écosystèmes.”

 

 

➔ Inscrire la préservation de la biodiversité dans les priorités de la Ville et de la Métropole

  • Se doter d’une stratégie foncière prenant en compte la gestion et la préservation des espaces naturels.
  • S’engager vers zéro perte de surface en milieu naturel (Zéro artificialisation des sols) sur le territoire.
  • Prendre en compte la stratégie métropolitaine en faveur de la biodiversité et de la nature, dans l’ensemble des décisions et des documents réglementaires et établir un plan de financement et de suivi.
  • Proposer des cycles de formation dédiés aux agents et aux élu.e.s.
  • Inscrire les trames vertes, bleues et brunes (https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/trame-verte-et-bleue), continuités écologiques et fonctionnelles.
  • Augmenter l’inscription des arbres isolés et des masses végétales d’intérêt des espaces privés pour les protéger.
  • Utiliser les outils de classement des parcelles pour respecter l’équilibre bâti/espace naturel et ainsi donner des espaces de respiration dans les tissus urbains denses : classer les forêts, haies, arbres, existants ou à créer en « Espace boisé classé » pour les sanctuariser, les maintenir et augmenter leur surface sur la commune durant le mandat.
  • Intégrer pour chaque permis de construire de logements collectifs, la création de projets d’espaces verts ouverts et collectifs.
  • Intégrer dans chaque projet public ou privé des dispositifs pour regagner en biodiversité, en végétalisation et permettre le ruissellement de l’eau en sous-sol (coefficients de surface éco-aménageable, de biodiversité, de ruissellement, de pleine terre, végétalisation).
  • Intégrer une obligation pour les propriétaires déposant un permis de construire de respecter les mesures éviter/réduire/compenser quelle que soit la taille du projet (aujourd’hui l’obligation est faite seulement pour les projets au-dessus de 10 000 m²).
  • Instaurer un coefficient de pondération permettant de prendre en compte la qualité environnementale des réalisations végétales dans le calcul du ratio des surfaces végétalisées.
  • Instaurer une obligation de végétaliser « systématiquement » les aires de stationnement afin de ne pas laisser toute la place au goudron et au béton.
  • Faciliter l’augmentation de la hauteur maximale pour les constructions avec toitures végétales.

➔ Renforcer la présence et la protection de l’arbre et de la végétation en ville

L’arbre est aujourd’hui insuffisamment protégé et respecté à Bordeaux, comme l’attestent de nombreux abattages récents d’arbres de grand développement dont les emblématiques 18 marronniers de la Place Gambetta. Ces abattages sont anachroniques face au défi climatique et ne peuvent être simplement compensés par la plantation de jeunes pousses.
  • Planter des arbres en pleine terre partout là où c’est possible et créer des micro-forêts urbaines sur des petits espaces (de 100 à 200 m2), mener ces opérations avec les enfants des écoles.
  • Élaborer un plan de plantation qui fixe des objectifs prenant en compte le taux de mortalité naturel annuel des arbres et les risques climatiques (tempêtes…).
  • Associer les habitant.e.s aux programmes de plantation et de mise en valeur des arbres et encourager les initiatives citoyennes de végétalisation de l’espace public.
  • Systématiser des entrées végétalisées lors de la création des quartiers apaisés (cf. quartiers apaisés).
  • Étendre la végétalisation des rues en instituant « le permis de végétaliser » notamment sur les espaces délaissés de voiries du domaine public et les espaces minéraux.
  • Végétaliser les rues étroites et les places qui ne peuvent recevoir des arbres avec des structures pour plantes grimpantes pour créer des pergolas en Ville.
  • Privilégier les espèces végétales locales, dépolluantes sur les axes fortement soumis à la pollution atmosphérique, et non allergènes, ainsi que les espèces comestibles dans les zones non polluées.
  • Installer « des bancs jardins » : mobilier urbain qui favorise la convivialité tout en végétalisant les places minérales de la ville.
  • Instaurer la gratuité du droit de placer des bacs végétalisés pour les commerçants.

La charte de l’arbre urbain est un outil choisi par des collectivités soucieuses des arbres de leur territoire qui permettra de :

  • Préserver nos derniers espaces arborés face à l’artificialisation des sols trop courante.
  • Augmenter la proportion de surfaces boisées et ombragées dans la ville.
  • Généraliser la végétalisation en pleine terre sur les places et les rues pour corriger les effets néfastes de la profusion des îlots de chaleur urbains.
  • Se doter d’outils juridiques permettant de garantir la protection des arbres, via le règlement de voirie et le plan local d’urbanisme métropolitains, pour développer les zones de protection via les espaces boisés classés, et les arbres isolés protégés (cf. Adapter le PLUI).
  • Actualiser l’inventaire du patrimoine arboré public, réaliser l’inventaire des espaces publics pouvant accueillir des plantations d’arbres.
  • Mettre à disposition du public des données fiables relatives à la gestion des arbres à Bordeaux, et associer les associations environnementales pour garantir la transparence.
  • Intégrer à toute opération de rénovation ou requalification des espaces publics la richesse végétale existante et s’y adapter.
  • Assurer l’information préalable des riverains de l’ensemble des travaux concernant les arbres de leur quartier, plantation, élagage, abattage, par un affichage clair et précis sur place.
  • Accompagner les propriétaires de jardins dans la protection de leur patrimoine arboré et leur connaissance des essences à planter, grâce aux paysagistes et architectes conseils de la Ville.
  • Faire respecter les plantations imposées par le PLUI dans les espaces en pleine terre et, notamment dans les collèges, lycées…
  • Élaborer une stratégie métropolitaine en faveur de la gestion et la valorisation des espaces naturels.
  • Restaurer la valeur écologique des grands espaces de nature et en faire des espaces d’intérêt métropolitain : parcs des Jalles, parc des coteaux, vallée du Peugue et de l’Eau Bourde, forêt du Bourgailh, Gravières, patrimoine forestier métropolitain…
  • Mettre en place des gouvernances métropolitaines, incluant des habitant.e.s et des associations environnementales, sur tous les espaces naturels majeurs.
  • Mutualiser avec les communes les moyens et les équipements dans le cadre de ces gouvernances.
  • Se doter d’un plan stratégique en faveur du fleuve et de ses berges.
  • Valoriser l’existant, notamment les berges de Garonne à commencer par le parc des Berges à Bacalan (Angéliques de l’estuaire) et les abords des Quinconces.
  • Réaménager certains espaces pour en faire de véritables lieux de vie et y intégrer des lieux de convivialité dans les espaces publics (tables de jeux, bancs, tables de pique-nique, entretien des pistes cyclables et des cheminements piétons, …).
  • Développer et promouvoir la gestion des flux entrants et sortants par voie fluviale des matériaux et déchets de construction.
  • Protéger les esteys, cours d’eau soumis aux régimes des marées, spécifiques à notre Région (police de l’eau).
  • Mettre en place à toutes les échelles un entretien efficace et quotidien des berges et des espaces verts : renforcer les équipes de jardiniers en ville avec l’aide des associations d’insertion par exemple ou toute autre initiative innovante.
  • Sanctuariser les 40 ha de La Jallère, propriété de Bordeaux Métropole, en friche naturelle et arborée, en évitant leur artificialisation.
  • Valoriser les friches urbaines et créer des espaces temporaires en support aux projets à venir
  • Créer des « jardins de poche » et des « oasis urbaines » en utilisant les emplacements réservés.
  • S’assurer qu’à la fin du mandat, chaque Bordelais et Bordelaise puisse accéder à un square ou à un parc à moins de 10 minutes à pied de son domicile.
  • Développer le mécénat environnemental.
  • Affecter une part de la Taxe d’aménagement au financement des projets Nature à l’instar du fonctionnement précédent de la taxe départementale pour les espaces naturels sensibles.

Anticiper les risques d’inondation et préserver les sols

Le Plan de Prévention des Risques d’Inondation qui existe actuellement se fonde sur la plus basse des hypothèses, concernant l’augmentation du niveau de la mer (60 cm) pour un réchauffement climatique plafonné à 1,5°C. Or,  d’après les scientifiques du GIEC, nous devrions atteindre cette hausse dès 2030, et dans le meilleur des cas, nous serons à 2° en 2100. Il est donc important de prendre en considération une montée des eaux d’au minimum 1 mètre 10, comme annoncé dans le rapport du GIEC de 2019. Scénario qui n’est par ailleurs pas le scénario le plus pessimiste proposé par la communauté scientifique. Nous prendrons en compte les hypothèses fortes pour repenser la question de l’urbanisme à Bordeaux.

Prévenir les inondations, c’est aussi anticiper en stoppant l’artificialisation et l’imperméabilisation des sols. Depuis des années, les nouveaux aménagements urbains (Victoire, Gambetta, Tourny, Pey Berland…), font la part belle à la minéralité et à l’imperméabilité. Ce modèle d’urbanisme est obsolète et nous entendons en proposer un nouveau où la nature sera respectée et renforcée.

  • S’efforcer de construire sur des espaces déjà artificialisés, pour préserver nos derniers espaces de pleine terre.
  • Sanctuariser les dernières zones humides de la Métropole et en faire des zones naturelles.
  • Sauvegarder les terres agricoles et encourager l’agriculture biologique pour la préservation des nappes phréatiques (ceinture maraîchère : Bruges, Blanquefort, …).
  • Relever le pourcentage des surfaces d’espace en pleine terre (EPT), c’est-à-dire non construits, sur toutes les zones du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI).
  • Mettre en place un plan pluriannuel sur la durée du mandat pour dégoudronner l’ensemble des cours d’écoles de la Ville.
  • Recréer une “trame brune” (terrains en pleine terre) en commençant une étude pour recenser les espaces en pleine terre, les possibilités de désartificialisation des sols, et la réalisation d’une carte des délaissés urbains : délaissés de voirie, de terres…
  • Privilégier les sols perméables dans l’aménagement urbain : structures alvéolaires, enrobés poreux et drainants, dalles enherbées.
  • Calculer le coût de la désartificialisation d’un point de vue financier mais aussi en incluant les externalités et l’impact carbone.
  • Inscrire Bordeaux dans une démarche de solidarité avec les autres communes du territoire, en permettant via la désimperméabilisation des sols à l’échelle des bassins versants urbains de réduire le ruissellement vers l’aval.
  • Renaturer les esteys (sortir les esteys des canalisations là où c’est possible).
  • Faire pression sur l’Etat pour une meilleure prise en compte des conséquences du dérèglement climatique sur la montée des eaux dans l’élaboration du PPRI.
  • Faire évaluer l’ensemble des risques liés à l’augmentation du niveau de la mer et son impact sur l’estuaire de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne (impact sur la salinité des nappes, impact sur la zone industrielle du Bec d’Ambès et risques de pollution engendrés, impact sur la centrale nucléaire du Blayais).
  • Élaborer un plan d’urgence lié à l’augmentation des crues en partenariat avec les territoires voisins et la population locale.
  • Mettre en place un système de gestion des eaux pluviales alternative (structures alvéolaires, structures réservoir sous les voiries…).
  • Informer sur les risques d’inondations et assurer une transparence totale sur la gestion des digues et l’ensemble des risques encourus.

Préserver et gérer les ressources en eau

L’eau est un bien commun, source de vie, que nous devons protéger. On assiste aujourd’hui à un phénomène de “méditerranéisation” du climat en Aquitaine et à une raréfaction de cette ressource vitale. La pollution des milieux aquatiques engendre une perte considérable de la biodiversité et une augmentation des coûts de traitement de l’eau.

  • Préparer le retour en régie métropolitaine de la gestion de l’eau potable en mobilisant tous les outils nécessaires, afin d’être prêt au plus tard au terme du contrat.
  • Instaurer une tarification progressive de l’eau (plus on consomme, plus le tarif augmente).
  • Sensibiliser les citoyen.ne.s et les industriels à la préservation de la ressource.
  • Installer des récupérateurs d’eau de pluie dans les bâtiments publics pour arroser les espaces verts, nettoyer les rues et, à terme, pour un usage sanitaire (toilettes).
  • Subventionner, comme pour les travaux d’économie d’énergie, les travaux liés à la récupération d’eau de pluie pour l’usage domestique.
  • Procéder à un audit sur l’état du réseau puis imposer à la société délégataire les travaux de réfection qui n’ont pas encore été effectués.
  • Accompagner la mise en place de toilettes sèches, en soutenant les initiatives locales de collecte et de valorisation de ces déchets (comme la Fumainerie par exemple).
  • Privilégier les espèces végétales nécessitant moins d’eau.
  • Mettre en place de façon systématique les préconisations du programme REGARD dans les actions à mettre en œuvre (dératisation mécanique, nettoyage des terrains sportifs…).
  • Accompagner les industriels (aéroparc, bec d’Ambès), les hôpitaux du territoire et les agriculteurs dans la modification de leurs usages.
  • Suspendre l’installation de gazons synthétiques, source de micropolluants et de microplastiques.
  • Interdire au golf de Bordeaux l’utilisation de produits phytosanitaires.
  • Appliquer le pouvoir de police de l’eau du maire si les contrevenants aux obligations ne se mettent pas en conformité.
  • Sensibiliser les citoyen.ne.s à la problématique des micropolluants et proposer des solutions d’usage courant plus vertueux (fabrication de produits d’hygiène et ménagers…).
  • Renforcer la sensibilisation contre les déchets en plastique et limiter l’usage du plastique sur l’espace public.
  • Apposer une information devant chaque bouche d’égout “ici commence la mer“.

Planifier la sobriété et l’autonomie énergétique

Notre objectif : réduire de plus de 5% par an sur la durée du mandat les consommations d’énergie du territoire et développer la production et la consommation d’énergie renouvelable, notamment citoyenne. Cette réduction de la consommation d’énergie passe par une mobilité résolument tournée vers les modes actifs, une plus grande sobriété dans les modes de consommation, une alimentation moins carnée et plus locale, et une isolation des logements renforcée. L’action individuelle, qu’il s’agisse de changements de comportements ou d’investissements à l’échelle des ménages, est à la fois incontournable et insuffisante. Le secteur économique et les pouvoirs publics doivent aussi faire leur part. Notre programme est résolument tourné vers la mise en action de toutes et tous et la collectivité doit impulser et accompagner ces changements.

  • Procéder à un état des lieux de la consommation énergétique des bâtiments publics de la commune et prendre un engagement fort de réduction des consommations.
  • Équiper 100% des bâtiments de Bordeaux en outils et solutions techniques pour une meilleure gestion de l’énergie.
  • Lancer une campagne de sensibilisation autour du dispositif métropolitain de tiers financement (financement de travaux d’économie d’énergie par un tiers, qui se rémunère sur les économies réalisées par le consommateur) en lien avec Ma Rénov et d’une plateforme de mise en relation des acteurs publics et privés autour de petits projets de réduction des consommations d’énergie et de production d’énergies renouvelables.
  • Sensibiliser les ménages aux économies d’énergie et aux économies qui en découlent et doubler le nombre de jeunes en service civique affectés à cette question.
  • Moduler les dépenses de l’éclairage public de nuit.
  • En concertation avec les commerçants, prendre un arrêté municipal interdisant les chauffages extérieurs et l’ouverture des vitrines en cas de climatisation en été.
  • Veiller au strict respect des règles sur l’extinction des vitrines, enseignes et des bâtiments publics la nuit (arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses) et proposer d’amplifier la période d’extinction lumineuse de 23h à 7h du matin.
  • Interdire dans le cadre du règlement sur la publicité, les écrans publicitaires numériques et lumineux.
  • Renforcer le Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie -SLIME- sur le volet accompagnement aux gestes favorisant l’économie d’énergie pour les foyers en situation de précarité énergétique.
  • Éviter les déplacements carbonés (cf. Se déplacer et Les Quartiers apaisés).
  • Sortir les Bordelais.e.s de la précarité énergétique en moins de 10 ans :
  • Il s’agit d’un enjeu social, de santé publique et de lutte contre le dérèglement climatique : plus de 13 000 foyers concernés sur Bordeaux et plus de 30 000 sur la Métropole. Au rythme actuel des moyens alloués à la politique publique du Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie (SLIME) sur Bordeaux, il faudrait plus de 40 ans pour réaliser les diagnostics et accompagner l’ensemble des ménages les plus précaires.
    – Effectuer un état des lieux complet avec les partenaires et faire évoluer le SLIME métropolitain pour l’adapter et le rendre plus efficace (renforcer l’équité territoriale sur la Métropole, faciliter les actions des partenaires, accompagner sur 1 an le public concerné).
    – Porter à 1 M€ par an le budget alloué à cette question (soit 4 fois plus qu’aujourd’hui pour Bordeaux) pour réduire le nombre de foyers en situation de précarité énergétique de façon significative sur la durée du mandat.
  • Mettre en place une exonération temporaire de la part communale de la taxe foncière pour les propriétaires-bailleurs et propriétaires occupants ayant réalisés des travaux significatifs de rénovations énergétiques des habitations (de 50% à 100% sur 5ans).
  • Obligation pour tous les nouveaux bâtiments d’être passifs à énergie positive (nouvelle réglementation : viser le E4C2).
  • Accélérer la rénovation thermique du parc social.
  • Amplifier le programme d’accompagnement des copropriétés et les aides aux travaux de rénovation énergétique et améliorer la lisibilité des dispositifs existants.
  • Promouvoir la gestion des flux entrants et sortants par voie fluviale des déchets de construction.
  • Engager un plan solaire : renforcer les dispositions du PLUI en la matière, travailler en collaboration avec les architectes des Bâtiments de France pour le centre ancien.
  • Prendre en compte dans les critères de choix des projets, ceux qui vont au-delà des normes en vigueur et qui :
  • – Favorisent des architectures qui emploient des matériaux bioclimatiques, ainsi que des matériaux à forte inertie (stockage de la chaleur, ce qui évite qu’elle ne se retrouve dans l’air ambiant et permet de la restituer en fin de journée).
    – Préconisent des combinaisons de matériaux, de surfaces, des choix d’implantation et d’orientation des bâtiments qui permettent d’améliorer à la fois les conditions de confort thermique à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment.
  • Passer 100% des bâtiments de la ville sous contrat avec un fournisseur d’énergie renouvelable.
  • Équiper les sites municipaux consommateurs en eau chaude avec des systèmes de production d’eau chaude solaire, sur récupérateur d’énergie ou en géothermie.
  • Soutenir le développement de projets de portage de production énergétique renouvelable par les citoyen.ne.s – et s’engager aux côtés d’autres collectivités et d’associations pour agir au niveau national afin de développer les coopératives citoyennes d’énergie.
  • Accompagner l’auto-production énergétique (solaire/éolien) avec un appui technique des services publics.
  • Lancer un grand plan de remplacement des chaudières au fuel.
  • Participer à des projets de SEML (société d’économie mixte locale), structure publique d’investissement dédiée à la production d’énergies renouvelables, allant au-delà de la coopérative en investissant de façon majoritaire dans des projets et en intégrant la participation citoyenne au capital.
  • Créer une Opération d’Intérêt Métropolitain sur la rive droite axée sur la transition écologique (rénovation, réhabilitation, ressourcerie…).
  • Continuer à développer le chauffage urbain en géothermie, notamment au Grand Parc.
  • Accompagner financièrement de façon plus volontariste les particuliers dans le cadre d’installation de chauffe-eaux thermiques, de pompes à chaleur, de poêles à bois et de panneaux photovoltaïques (aides attribuées par palier en fonction des conditions de ressources).
  • Mettre à profit l’énergie des data-centers en la réutilisant.
  • Systématiser la méthanisation dans les stations d’épuration.
  • Soutenir les structures innovantes de production d’énergie fluviale.

Aller vers l’autonomie alimentaire et développer la polyculture locale

➔ Réduire le gaspillage alimentaire sur l’ensemble du territoire

  • Mener des campagnes annuelles de pesée du gaspillage alimentaire dans tous les restaurants collectifs de la ville (cantines scolaires, et cantines à destination du personnel).
  • Publier un guide sur les recommandations pour réduire le gaspillage alimentaire à plusieurs niveaux (particuliers, restauration collective, restauration privée, commerces alimentaires etc.) avec une liste d’acteurs locaux capables de fournir des solutions.
  • Former les gestionnaires et acheteurs sur les démarches de réduction du gaspillage alimentaire de la restauration collective municipale.
  • Former les chef.fe.s de la restauration collective aux techniques de lutte contre le gaspillage alimentaire et à l’alimentation végétale.
  • Mettre à disposition des cuisines collectives dans les quartiers, par le biais des centres sociaux, des écoles, des salles municipales par exemple, pour redonner l’envie de cuisiner et initier à la conserverie.
  • Multiplier les frigos en libre accès pour distribuer les repas non consommés des restaurants, des commerces et des particuliers.

➔ Reconnecter Bordeaux à ses agriculteurs locaux

Appuyer la structuration de filières agroforestières, paysannes, bio et locales, rémunératrices pour les agriculteurs et agricultrices, afin de favoriser un approvisionnement local issu de projets agro-écologiques intégrant l’arbre, la biodiversité ainsi que les variétés paysannes et anciennes.
  • Soutenir la diversification des productions agricoles pour sortir de la monoculture
  • Soutenir l’adaptation des exploitations au risque inondation
  • Agir sur le foncier agricole pour préserver les activités et les emplois de proximité
  • Agir sur la planification urbaine et les règlements (PLUI, Plan de prévention du risque inondation (PPRI), etc.) pour faciliter l’implantation et le maintien des agriculteurs sur les terres métropolitaines
  • Rémunérer les services environnementaux des agriculteurs présents sur la Métropole
  • S’engager résolument pour l’arrêt de l’utilisation des pesticides sur le territoire de Bordeaux et de la Métropole
  • Accélérer la transition agro-écologique.
  • Chaque année, mettre en place au moins un projet autour de l’arbre dans l’agriculture. Par exemples : parcelle agroforestière, vergers de conservation de diverses variétés anciennes, soutien aux agriculteurs pour planter des arbres / haies / arbres champêtres dans leurs parcelles, filières d’approvisionnement local issues de fruitiers et/ou de produits forestiers non ligneux.
  • Lutter contre toutes les pollutions et les espèces “invasives”.
  • Valoriser le métier d’agriculteur, notamment en proposant l’été des chantiers agricoles entre jeunes Bordelais.es et agriculteurs de la région pour susciter des vocations.
  • Proposer des séjours à la ferme dans le cadre des voyages scolaires.
  • Organiser et animer des réseaux d’acteurs.
  • Agir sur la formation professionnelle, l’accompagnement des porteur.se.s de projet et des nouveaux agriculteurs et nouvelles agricultrices installé.e.s.
  • Agir sur la transmission des exploitations et développer les espaces test agricoles sur la Métropole afin de permettre la formation de nouveaux maraîchers.
  • Redynamiser la production horticole et maraîchère sur les espaces non exploités du domaine du Haillan, en y installant une régie municipale agricole pour approvisionner les épiceries sociales et solidaires.
  • Agir en faveur d’une plus grande diversité des modes de commercialisation.
  • Renforcer le rôle du MIN (marché d’intérêt national) de Brienne et le développement de moyens logistiques d’approvisionnement moins gourmands en carbone (développer le fret ferroviaire et fluvial).
  • Soutenir les démarches de transformation locales (légumeries, conserveries).
  • Valoriser les productions locales et soutenir les circuits courts.
  • Soutenir la coopérative Loc’Halle Bio, réunissant des producteurs de fruits et légumes bio, tous situés à moins de 150km de Bordeaux, et implanté sur le site du MIN.
  • Mener, avec les producteurs locaux, les habitants, les associations de quartier et les commerçants, une étude visant à réfléchir à l’amélioration de la couverture de Bordeaux en marchés de producteurs.
  • Réserver des places sur les marchés aux producteurs très locaux (issus de la Métropole).
  • Faciliter et renforcer les liens entre les centres sociaux et les lieux de distribution.
  • Accompagner, dans chaque quartier, les porteur.se.s de projets qui souhaiteraient ouvrir des épiceries sociales et solidaires, des commerces coopératifs, des tiers lieux pour garantir un accès à l’alimentation bio et locale à toutes et tous.
  • Redonner l’envie de cuisiner (faciliter l’accès à des cours de cuisine, ouvrir des ateliers de cuisine dans les écoles et bâtiments publics disposants d’une cuisine).
  • Agir en faveur du développement des « fermes pédagogiques ».
  • Lancer des appels à projets pour la constitution de coopératives agricoles biologiques (production, conserverie, légumerie) et y participer (SCIC…).
  • Investir dans des terres agricoles en périphérie de la ville pour y installer des agriculteurs avec contrat environnemental en collaboration avec la Chambre d’Agriculture, la SAFER et Terres de Lien.
  • Soutenir les associations de producteurs et de consommateurs dans leur développement et leurs projets (AMAP, supermarchés coopératifs…).
  • Créer des plateformes logistiques en périphérie de la ville desservies par des transports doux pour les derniers kilomètres.

➔ Développer l’agriculture urbaine

  • Fixer un objectif de production d’espaces végétalisés et agricoles (à minima 10 ha/an pendant 10 ans).
  • Favoriser les installations collectives et les achats de terrains via des fonds citoyens, comme Terre de liens.
  • Indiquer un pourcentage de végétalisation, notamment vivrière, pour les opérations immobilières dans le plan local d’urbanisme métropolitain.
  • Prendre en compte les valeurs agronomiques et environnementales des sols lors des modifications des documents d’urbanisme.
  • Systématiser la présence de jardins partagés ou familiaux (hors sol ou en pleine terre) dans tous les nouveaux projets urbains, notamment à Brazza, Bastide Niel, OIN Euratlantique…
  • Contractualiser un engagement partenarial avec les bailleurs sociaux pour la mise en œuvre d’un programme d’actions sur l’agriculture urbaine : promotion de jardins familiaux et partagés, poulaillers collectifs, composteurs…
  • Libérer des places de stationnement pour y implanter des bacs à plantations vivrières, en commençant par au moins une place par rue (12.5 m2 libérés pour des potagers urbains), en lien avec les habitant.e.s.
  • Développer les parcelles sur les toits terrasses, en particulier dans les grands ensembles urbains, en commençant par recenser l’ensemble des toits plats existants potentiellement cultivables.
  • Étudier la possible complémentarité entre panneaux photovoltaïques et culture vivrière
  • Développer les plantations de comestibles et d’arbres fruitiers :  développer les plantations potagères des espaces verts publics, des entreprises et des bailleurs sociaux.
  • Expérimenter l’agriculture hors sol écologique et valider sa soutenabilité énergétique : hydroponie, aéroponie, aquaponie, sur les toits de la base sous-marine, champignonnières dans les caves bordelaises…
  • Expérimenter l’installation de poulaillers collectifs.
  • Soutenir la polyculture afin de diversifier la production locale qui doit s’élargir à des variétés de végétaux résistants et économes en eau.
  • Accompagner à la structuration de filières pour leur permettre de répondre aux marchés publics alimentaires et à la logistique des livraisons.
  • Encourager et accompagner la conservation et la distribution des semences de variétés locales notamment en développant des « grainothèques » en libre accès, à l’instar des boîtes à lire.
  • Créer une « Nursery bio» à la Jallère pour fournir des plants (et graines) aux habitant.e.s et professionnel.le.s de la Métropole pour la végétalisation et les jardins potagers des Bordelais.e.s, les jardins familiaux et partagés et les espaces verts.
  • Accompagner et accélérer les procédures administratives pour la réalisation de potagers sur l’espace public.
  • Mettre à disposition des outils de communication sur les légumes plantés dans l’espace public.
  • Candidater pour l’obtention du label « Villes et villages comestibles de France » proposé par le mouvement citoyen des « Incroyables comestibles ».
  • Créer un ou de plusieurs postes de médiateur du “végétal” au sein de la Direction de la Nature et accompagner les porteurs de projets dans ce domaine.
  • Soutenir, renforcer et accompagner durablement les actions pédagogiques et sociales autour de l’agriculture urbaine provenant des associations (Réseau Paul Bert…) ou d’expérimentations innovantes.
  • Monter un appel à projet pour des structures qui se déplacent chez les Bordelais.es et proposent des ateliers jardinage ou maraîchage afin de mettre à disposition des espaces verts à cultiver, tisser du lien, nourrir correctement les plus précaires dans un premier temps, exploiter les jardins délaissés (notamment des aînés) et élargir les distributions.
  • Soutenir et conseiller les particuliers pour qu’ils exploitent leurs jardins en les rendant comestibles. Le jardin d’agrément doit devenir productif comme les jardins d’échoppes autrefois.
  • Mettre en relation la communauté éducative et les acteurs de l’agriculture urbaine autour des potagers urbains.
  • Créer un portail interactif, à l’image de agricultureurbaineidf.fr/ dédié à l’agriculture métropolitaine (informations partagées, liens entre le milieu associatif et les collectivités, vitrine pour certaines entreprises, forum d’échange pour le grand public, etc.). Ce portail pourra croiser la question du financement participatif, la cartographie des circuits courts et le Réseau d’Agriculture Urbaine Rés’A.U, afin de pouvoir réunir sur un seul site l’ensemble des initiatives professionnelles, associatives ou démonstratives et de soutenir leurs financements, et faciliter leur mise en réseau.
  • Faire de la pédagogie autour de la cueillette et de la cuisine des plantes sauvages et comestibles présentes en ville et autour de la conservation et la distribution des semences (grainothèques, semis etc.).
  • Associer les événements culturels et créatifs aux enjeux de l’agriculture urbaine et de la ville résiliente : Agora, Bruit du frigo, Pola… à l’instar du festival Climax qui allie enjeux culturels et crise climatique.

Accompagner la mutation écologique de l’économie locale et pérenniser l’emploi local

Constat

Nous voulons sécuriser notre avenir climatique et celui de nos enfants. Pour respecter les accords de Paris sur le climat nous devons baisser nos émissions de carbone de 4% par an à partir de 2020. Ces enjeux nous imposent la mutation rapide de notre économie, très gourmande en énergies fossiles comme le pétrole et le charbon.
L’échelle de la ville et de la métropole est propice pour enclencher le changement.

Ambition

La transition écologique ne peut être effective qu’avec la mobilisation forte des acteurs économiques du territoire.
Pour cela, il est nécessaire de les accompagner, quels qu’ils soient, à adopter une vision globale et responsable de leur modèle économique. Le prisme de la mutation écologique doit déjà être étudié à travers une analyse globale de l’environnement externe des entreprises (concurrence, mutations sociétales liées aux évolutions des comportements et de la consommation…).

 

Nous pensons qu’il est également nécessaire de soutenir les entreprises dans la transformation de leurs processus internes de production, en travaillant sur les diverses phases de leur modèle (dès l’approvisionnement, en passant par l’organisation humaine et matérielle, la mise en œuvre des activités et des canaux de distribution, jusqu’à la production ou la prestation délivrée in fine).
Ainsi, ce sont l’économie locale et la création d’emplois non-délocalisables qui seront soutenues activement.

➔ Soutenir les entreprises de l’économie sociale et solidaire et l’innovation sociale

  • Faciliter l’accès au foncier et à des locaux commerciaux des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), notamment par le biais d’InCité et/ou d’une foncière commerciale locale solidaire et prévoir dans les projets de réhabilitation des espaces qui seront réservés aux acteurs de l’ESS.
  • Utiliser le levier de la commande publique de façon conséquente pour permettre aux acteurs de l’ESS (associations, ESUS, coopératives…) d’accéder aux marchés publics.
  • Développer la prise de participation de Bordeaux et Bordeaux Métropole dans les SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) pour promouvoir l’engagement durable de la ville auprès de ces structures comme l’a fait par exemple la Métropole de Rennes.
  • Promouvoir les formes d’activités coopératives (SCOP, SCIC) dans tous les domaines : la production, l’agriculture, la consommation, l’habitat, l’énergie, l’éducation, l’autopartage, livreurs à vélos… de manière à développer une alternative solide à la privatisation des profits.
  • Mobiliser la Chambre des Métiers et la Chambre de Commerce de Bordeaux vers l’accompagnement des entrepreneur.e.s de ce secteur (aide au développement commercial, ressources humaines, structuration de projet…).
  • Donner des moyens spécifiques à la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire -CRESS- pour qu’elle puisse mener à bien son travail de sensibilisation à l’ESS auprès des créateurs d’entreprises et en particulier des jeunes sur Bordeaux et Bordeaux Métropole.
  • Favoriser la mise en commun des compétences et des moyens entre acteurs de l’Économie sociale et solidaire pour en augmenter son efficacité à moindre coût, soutenir la création et financer des lieux mutualisés.
  • Promouvoir les entreprises coopératives et l’ESS par tous les moyens auprès des citoyen.ne.s

➔ Soutenir les TPE et PME dans leur mutation écologique et sociale et valoriser l’artisanat et le commerce local, respectueux de l’environnement 

Décarboner les entreprises passe d’abord par l’identification exhaustive de leur dépendance au carbone en amont et en aval de leur activité, grâce au calcul de leur bilan carbone tout au long du cycle de vie de leur produit/service. Une fois ce bilan effectué, il s’agit de décarboner en profondeur leurs process industriels ou commerciaux, de repenser leur rapport au fret de marchandises et au transport des collaborateurs, leur stratégie d’approvisionnement énergétique, leur politique d’achats de biens matériels et immatériels, l’usage de leurs produits et services par leurs clients, l’intensité́ carbone de leurs investissements, ou encore la capacité de leurs solutions à connaître un recyclage vertueux, voire une seconde vie.

  • Une équipe spécialisée sera déployée pour conseiller TPE et PME sur leur mutation écologique et sociale. En s’appuyant sur les acteurs de droit commun (club d’entreprise, fédérations professionnelles, ARACT, ADEME…) et avec des moyens complémentaires, elle aidera les entreprises à faire évoluer leurs pratiques. Le Conseil régional et le Conseil départemental seront associés à cette action pour conjuguer les moyens et les résultats attendus.

Soutien à la mutation écologique des acteurs économiques

  • Accompagner financièrement les TPE et PME dans la réalisation de leur bilan carbone.
  • Exonérer temporairement de la Contribution Économique Territoriale (CET) les entreprises souhaitant adapter leurs modes de production pour décarboner en profondeur leurs process industriels ou commerciaux.
  • Recenser les entreprises existantes de la métropole et toutes les friches industrielles (créer un système d’information géographique de l’économie locale), et réaliser un état des lieux et diagnostic du tissu économique.
  • Mettre en place un programme de réhabilitation et d’équipement de ces friches pour favoriser l’implantation d’entreprises dans la métropole (chantier naval, entreprises de services, petites industries écoresponsables, artisanat, entreprises innovantes…).
  • Créer une Opération d’Intérêt Métropolitain sur la rive droite axée sur la transition écologique (rénovation, réhabilitation, ressourcerie…).
  • Mettre en place une pépinière d’entreprises dédiée aux métiers de service à la personne dans le quartier du Grand-Parc.

Soutien à la mutation sociale des acteurs économiques

Le développement économique doit être mis au service du mieux-être de tous. La dernière crise économique a prouvé que les coopératives résistent mieux que les entreprises de capitaux. À l’image de l’économie sociale et solidaire, nous soutiendrons les entreprises visant des activités caractérisées par leur utilité sociale, prenant en compte les salariés dans leur modèle d’organisation (dialogue social, prévention des risques, …) et l’impact environnemental de leur production. Les groupes financièrement liés aux paradis fiscaux, ou ne réinjectant pas une part conséquente de leurs bénéfices dans l’économie locale seront exclus de l’aide publique qui se résume bien souvent pour eux à un effet d’aubaine. De manière générale, seront privilégiées les aides remboursables plutôt que les subventions.

  • Inciter les grandes entreprises donneuses d’ordre à intégrer la logique des clauses sociales dans leurs commandes.
  • Accompagner les TPE, PME et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) et notamment celles en mutation dans leur accès à la commande publique :
    – Recourir à l’allotissement (Allotir un marché signifie le décomposer en lots. Un lot est une unité autonome qui est attribuée séparément) afin de faciliter l’accès des petites entreprises à la commande publique.
    – Faciliter l’accès à des groupements de commande.
  • Soutenir les initiatives accompagnant la construction de parcours vers l’entrepreneuriat (de l’auto-entreprise à l’entreprise en passant par la coopérative d’activité d’emploi).
  • Faciliter l’introduction de pratiques de l’Economie Sociale et Solidaire dans les entreprises traditionnelles en créant des passerelles entre les 2 (ESS présentes dans chaque lieu d’incubation d’entreprises, partages de pratiques, appui-conseil…).
  • Créer un label d’entreprise d’excellence écologique et sociale attribué sur la base d’indicateurs objectifs d’actions et de résultats en matière d’inclusion (personnes avec handicap, mixité, diversité, chômeurs de longue durée…) et d’impact environnemental.
  • L’actuel « Palmarès des entreprises qui recrutent » sera remplacé par le « Palmarès des entreprises d’excellence écologique et sociale qui recrutent ».

Permettre le développement des commerces de proximité et de l’artisanat local

  • Faciliter l’accès au foncier et à des locaux commerciaux, notamment par le biais d’InCité et/ou d’une foncière commerciale locale solidaire.
  • Développer les pépinières artisanales avec des locaux adaptés et accessibles.
  • Lancer une expérimentation de plateforme de travail partagé (mutualisation de matériels et matériaux, secrétariat partagé, RH…) pour les artisans et les PME.
  • Valoriser et accompagner les artisans à vélos en leur proposant notamment des espaces de stockage de matériels.
  • Accompagner le développement de commerces coopératifs et des épiceries sociales et solidaires dans chaque quartier.
  • Créer un label pour distinguer les professionnels qui encouragent leurs clients au changement de comportement (développement de la consigne, renoncement aux eaux embouteillées, fabrication locale, réemploi, réparabilité…), en concertation avec les chambres consulaires et les professionnels.
  • Organiser une réflexion avec les associations de commerçants afin de définir des critères de fonctionnement du commerce vers un « commerce durable » au regard du risque climatique et de ses conséquences sur l’activité économique de la ville.
  • Mettre en place des critères d’éco-conditionnalité pour les subventions des associations commerçantes (déchets, plastique, économie d’énergie, bilan carbone…) en concertation avec elles.
  • Favoriser l’installation de commerces alternatifs dans les rues commerçantes occupées aujourd’hui principalement par de grandes enseignes :
    – Vêtements, meubles et objets, librairie, jeux de seconde main…
    – Galerie des arts et design locaux : céramiques, bois, textiles, mobiliers, ferronnerie…
  • Éviter le développement de nouveaux pôles commerciaux favorables aux grandes enseignes, comme la “rue bordelaise” près de la Gare Saint-Jean.
  • Créer des plateformes logistiques en périphérie de la ville desservies par des transports doux pour les derniers kilomètres.

➔ Accompagner l’économie du tourisme vers une transition écologique

Bordeaux devient une destination très prisée des voyageurs, tant sur le plan national qu’international.

La stratégie de promotion de la destination Bordeaux doit être cohérente avec les orientations du programme en encourageant un tourisme :

 

  • Plus respectueux de l’environnement
  • Avec moins d’externalités négatives pour ses habitants notamment au niveau du logement et de la pollution (air, déchets…)
  • Plus solidaires avec les territoires limitrophes
  • Toujours générateur d’activité pour nos commerçants et nos entreprises
  • Davantage ciblé sur la clientèle de proximité
  • Qui porte une attention particulière aux lieux de visite non saturés
  • Qui encourage les Bordelais.e.s à se réapproprier leur patrimoine

 

Face à cette pression touristique, nous proposons des mesures visant à protéger la ville et les citoyens, mais également développer intelligemment et durablement les activités économiques qui en bénéficient.

 

  • Soutenir le développement touristique dans les quartiers non prisés par les voyageurs, en créant des dynamiques culturelles. Nous souhaitons faire redécouvrir les quartiers de Bordeaux dans le cadre de cheminements touristique dédiés.
  • Travailler et favoriser le tourisme local, en lien avec les territoires limitrophes. Pour cela, nous proposons de créer des partenariats entre l’Office du Tourisme de Bordeaux et les territoires limitrophes en Gironde et Nouvelle-Aquitaine pour la création de parcours touristiques cohérents et solidaires.
  • Créer un label Tourisme « Durable et solidaire en ville » pour les hôteliers, restaurateurs, visant à valoriser les professionnels s’orientant vers une démarche éco-responsable (gestion des déchets, économie d’énergie, d’eau, alimentation bio et locale, transports…).
  • Encourager le tourisme fluvial de proximité, notamment en créant des liaisons rapides Blaye-Bordeaux, Pauillac-Bordeaux et Cadillac-Bordeaux.

➔ Soutenir une « nouvelle économie du fleuve et du canal de Garonne »

Il s’agit d’un enjeu environnemental fort (réduction du nombre de camions et voitures) d’une part et d’autre part un enjeu de développement d’une économie de proximité.

 

  • Soutenir les investissements du Port de Bordeaux nécessaires à un trafic allant du Verdon à Langon.
  • Multiplier les navettes fluviales traversantes et longitudinales pour développer notamment le tourisme sur l’ensemble du territoire girondin.
  • Développer les transports fluviaux des déchets vers les usines de recyclage (Astria, Papeterie de Bègles, etc.).
  • Créer les appontements nécessaires dans le périmètre géographique de la ville pour accueillir les transports d’usagers (établissement flottant recevant du public) et de marchandises.
  • Développer les transports des marchandises et notamment des produits agricoles.
  • Soutenir les initiatives de production d’énergie fluviale.
  • Accompagner le développement d’activités de déconstruction navale et de refit de bateaux.

➔ Retrouver un emploi près de chez soi

Aujourd’hui, plus de 13500 Bordelais.e.s sont des chômeurs de longue durée (un actif au chômage depuis plus d’un an), plus de 7700 depuis plus de 2 ans. Pour les accompagner vers un retour vers l’emploi nous proposons :

 

  • Expérimenter le dispositif «Territoire zéro chômeur de longue durée » en créant des entreprises à but d’emploi dans chaque quartier prioritaire de la politique de la ville de Bordeaux, après expérimentation dans le quartier du Grand-Parc.
  • Créer un « conseil de territoire durable » associant le Département, la Région et les représentants du monde professionnel pour favoriser l’insertion et l’emploi.
  • Impliquer la Maison de l’emploi dans l’animation d’actions en faveur de l’inclusion des chômeurs de longue durée, en lien avec les entreprises dans les quartiers, en permettant notamment à chacun de pouvoir tester un nouveau métier en entreprise.
  • Soutenir les SIAE (structures de l’insertion par l’activité économique) qui font émerger de nouvelles activités utiles à la collectivité comme le recyclage, le réusage, l’écoconstruction, les services à la personne.  Enrichir les parcours d’insertion des SIAE de formations sur les matériaux biosourcés.
  • Renforcer la place des Coopératives d’activité et d’emploi qui accompagnent les créateurs individuels d’activité et les alimentent en compétences appropriées (gestion, action commerciale, structuration de leur projet, conseil en financement.).
  • Développer une offre d’appui aux associations œuvrant dans les domaines de l’écologie et de l’inclusion sociale permettant le développement des initiatives, l’évaluation et la mise en œuvre d’une généralisation pour en démultiplier l’impact.
  • Sortir Bordeaux de son autarcie administrative en matière d’économie et d’emploi (Maison de l’emploi, Mission locale…) en renforçant les articulations avec les autres structures du bassin d’emploi.
  • Développer la connaissance des métiers de la transition écologique et sociale auprès des publics scolaires.
  • Développer une opération d’intérêt métropolitain dédiée aux services à la personne pour faire face aux enjeux du grand âge, développer les emplois et améliorer les conditions d’emploi actuelles.
  • Renforcer les aides à la mobilité des jeunes et développer l’offre de transports en commun vers les bassins d’emplois (Cestas…).

➔ Devenir une mairie exemplaire en matière d’achat public

  • Intégrer dans les marchés publics le coût des externalités environnementales liées aux au cycle de vie des produits  (cette mesure vise à optimiser les modes de production des produits mais aussi le transport et le recyclage).
  • Faire un bilan et réviser le schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables de Bordeaux et de Bordeaux Métropole.
  • Créer un espace « ressources » qui permettra d’avoir une visibilité sur les futurs achats de la commune et de la Métropole, d’identifier les offres existantes, d’informer et d’échanger avec les entreprises.
  • Réserver des lots ou des marchés dans le cadre des appels d’offres publics aux ESAT (Etablissements et Services d’Aide par le Travail), EA (Entreprises Adaptées) qui contribuent à insérer dans le monde de l’entreprise les travailleurs en situation de handicap et aux SIAE (structures de l’insertion par l’activité économique).
  • Inscrire l’utilisation d’une part significative de bois d’œuvre issu de filières locales gérées durablement et de matériaux issus de la filière bois pour l’isolation (laine de bois…) dans les cahiers des charges des constructions et rénovations de bâtiments publics gérés par la commune.
  • Recourir à la commande publique pour mettre en relation les acteurs de la filière bois (producteurs, artisans, entreprises de construction, énergéticiens) et développer la demande.

➔ Développer la monnaie locale complémentaire

  • Expérimenter l’utilisation de la MIEL pour le paiement des services publics de la commune (piscines, bibliothèques, musées, cantines…).
  • Étudier la possibilité de financer une aide aux jeunes en difficulté de moins de 25 ans via le CCAS en MIEL.
  • Étudier la possibilité du paiement d’une partie des indemnités des élu.e.s en MIEL.

Réduire et valoriser nos déchets

Au-delà de la seule logistique collecte/gestion des déchets ménagers, nous souhaitons faire de la démarche zéro-déchet un véritable projet territorial pour la Métropole, ses habitant.e.s et ses entreprises.

Nous avons 10 ans pour réduire de 50 % nos déchets résiduels.

  • Organiser les assises des déchets de la Métropole de Bordeaux et réaliser un audit, afin de connaître précisément les types, quantités et origines des déchets.
  • Faciliter l’enlèvement des encombrants en porte à porte en créant des points d’enlèvement mobiles (comme à Barcelone)
  • Sortir nos vies et notre ville du plastique et du jetable :
  • – Supprimer le plastique à usage unique et les consommables jetables dans les services municipaux et métropolitains.
    – Soutenir les commerçants et les associations qui s’engagent dans une démarche Zéro plastique et Zéro déchet.
  • Installer des poubelles de tri sélectif dans l’espace public.
  • Augmenter le nombre de bornes de tri et collecte du verre.
  • Rendre les bacs de collecte esthétiques (partenariat artistique, comme à Lisbonne et Besançon).
  • Valider la fermeture de l’incinérateur de Cenon en 2027.
  • Faire de la maison écocitoyenne un lieu de référence et de ressource pour le zéro déchet.
  • Développer des mesures d’accompagnement et de sensibilisation à l’utilisation de couches lavables pour des Bordelais.es et dans les crèches.
  • Expérimenter dans les crèches municipales l’utilisation des couches lavables.
  • Inciter les commerçants à se doter à la sortie des caisses d’un point de reprise des déchets d’emballage (obligation de la loi grenelle 2 qui ne s’applique qu’aux établissements > à 2 500 m2) afin de les pousser à cesser le suremballage proposé aux consommateurs.
  • Développer la collecte et la valorisation des biodéchets sur la Métropole, en s’appuyant sur les structures associatives et entreprises engagées dans cette démarche et mettre en place d’une structure coopérative d’intérêt collectif (SCIC), où siégeraient pouvoirs publics (élus, services de la métropole), acteurs économiques, citoyens et associations, entreprises et commerçants, qui aura pour mission de définir et piloter la politique de gestion, traitement et valorisation des bio-déchets.
  • Installer des composteurs partagés et les développer de manière encadrée par des agents de la métropole et/ou des associations (maîtres composteurs en soutien à la gestion du site).
  • Soutenir l’innovation en matière de valorisation des biodéchets, à travers des projets d’action-recherche portés par les établissements d’enseignement et de recherche.
  • Sensibiliser et former les citoyens aux techniques de valorisation des biodéchets.
  • Généraliser la redevance incitative au poids et réduire le nombre de levées en veillant à avoir une gestion des biodéchets efficace.
  • Dans notre démarche de ville résiliente, nous soutiendrons les acteurs et les actrices de l’économie circulaire. Réutiliser ce qui a été produit est une des réponses à l’amélioration de notre l’impact environnemental sur le territoire. Les ressourceries, centres de récupération, sont la clé d’une société économe qui maîtrise sa production de déchets.
  • Faciliter l’installation des acteurs de l’économie circulaire via la création d’une foncière commerciale locale solidaire.
  • Soutenir l’émergence de projets entrepreneuriaux et associatifs dédiés à la réparation et au réemploi.
  • Promouvoir l’économie circulaire dans le secteur du BTP :
  • – Travailler avec les entreprises du bâtiment pour mettre en place un cercle vertueux de gestion des ressources.
    – Inclure un lot derénovation et de déconstruction dans les appels d’offre publics.
    – Créer une ressourcerie ouverte aux particuliers et aux professionnels pour les matériaux issus des Bâtiments et Travaux Publics et permettre un recyclage industrialisé des déchets issus de la construction/démolition.
    – Mettre en place un tri des déchets bois (en plus des déchets verts), ce tri permettant aux communes de s’inscrire dans une filière de valorisation matière (réutilisation du matériau récupéré comme matière première pour l’industrie ou l’artisanat) ou de valorisation énergétique (revente à des industries ou des réseaux de chaleurs publics / privés biomasse).
  • Engager la métropole dans un plan ambitieux de déploiement de la consigne..
  • Renforcer la collecte et la réutilisation des déchets électroniques (EEE) :
  • – Faciliter la collecte des déchets électroniques en organisant leur collecte en porte-à-porte ou en éco-points mobiles.
    – Accompagner les entreprises de l’ESS qui souhaitent travailler sur le recyclage des déchets électroniques (du démontage et la récupération à la revente ou au réemploi.
  • Accompagner l’action et le développement des associations de sensibilisation.
  • Encourager la création dans chaque quartier d’espaces de réparation et réutilisation (recycleries, ressourceries, bicycletteries, repair café…).

Remettre l’innovation et les technologies au service de la société

Nous voulons imaginer les produits et services écologiques de demain. Une ville qui imagine ses propres ressources sera moins affectée par les changements sociétaux à venir. Le concept de “Smart City”, ville régie et optimisée par les algorithmes entraînant une marchandisation de nos données individuelles, ne répond pas toujours à un urbanisme durable et social. Il est primordial d’interroger les besoins et les usages avant de s’aventurer dans des technologies climaticides et sans valeur ajoutée pour les Bordelais.es. Avons-nous besoin de tous les objets connectés que l’on nous vend ou que l’on nous promet ?

➔ Passer de la voracité à la sobriété dans notre relation au numérique

Le progrès technique n’est pas en soi un gage de durabilité ; mal employé, il peut même conduire à rapidement aggraver la situation écologique et climatique.

La part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre a augmenté de moitié depuis 2013, passant de 2,5 % à 3,7 % du total des émissions mondiales (plus que le transport aérien). La demande en métaux rares et critiques, également indispensables aux technologies énergétiques bas-carbone, est elle aussi croissante.

La consommation d’énergie du numérique est aujourd’hui en hausse de 9 % par an. Il est possible de la ramener à 1,5 % par an en adoptant la « Sobriété numérique » comme principe d’action. La transition numérique telle qu’elle est actuellement mise en œuvre participe au dérèglement climatique plus qu’elle n’aide à le prévenir. Il est urgent d’agir.

  • Obtenir un moratoire sur l’expérimentation par la Ville de la 5G et lancer un grand débat public autour du déploiement de cette technologie.

  • Agir sur le fonctionnement de l’administration : 

    – Mettre en place une politique d’achat des matériels répondant à des critères stricts d’écoconception et de durabilité.
    – Intégrer des indicateurs de l’impact environnemental de la ou des composantes numériques d’un projet ou d’un produit, destinés à être pris en compte parmi les critères de sélection/optimisation (au même titre que des critères financiers ou sociaux) du projet ou du produit.
    – Allonger la durée de vie des équipements professionnels en l’accompagnant d’une évolution des contrats de maintenance et d’un changement des règles d’amortissement comptable des équipements.
    – Instaurer le réemploi des matériels obsolètes (don aux associations, écoles, personnes dans le besoin…).
    – Généraliser l’échange de documents bureautiques via une plateforme partagée au sein de l’administration.
    – Intégrer des bonnes pratiques pour éco-concevoir les services numériques :  penser Green It.

  • Accélérer la prise de conscience de l’impact environnemental du numérique, dans les entreprises, dans le monde de la recherche et chez le grand public

    Établir un réseau de partenaires impliqués dans une démarche de sobriété numérique (Incubateurs, Universités, Écoles, Entreprises, Clusters).
    – Favoriser l’émergence d’une culture numérique de la sobriété auprès des jeunes générations notamment (usages).
    – Inciter les entreprises au réemploi des matériels considérés comme obsolètes (don aux associations, écoles, personnes dans le besoin…).
    – Promouvoir à l’échelle de la Ville et de la Métropole les objectifs de l’Institut Numérique Responsable : institutnr.org/linr.

➔ Libérer les données publiques

  • Désigner un.e adjoint.e en charge de l’administration générale, de l’évaluation des politiques publiques et de la stratégie de la donnée
    – Concevoir une stratégie publique de la donnée avec les services administratifs et les acteurs du numérique du territoire.
    L’objectif est de faire de la donnée publique un bien commun, à se réapproprier, et en faciliter l’ouverture pour créer de nouveaux services d’intérêt collectif.
  • Établir un répertoire des informations publiques.
  • Accélérer la libération des données (opendata) de la collectivité et de ses opérateurs :
    Mettre les données publiques à la disposition des citoyen.ne.s  pour favoriser l’émergence d’applications utiles à tous, notamment les données clés de la collectivité sur les questions sanitaires, environnementales, économiques, sociales et démocratiques.
  • Indiquer l’historique sur les jeux de données mis à jour régulièrement pour permettre des comparatifs.
  • Inclure dans les marchés publics et/ou les conventions de partenariat une clause opendata sur toutes les données élaborées pour le compte de la collectivité.
  • Proposer régulièrement des « Hackatons », projets de programmation informatique en mode collaboratif et associer les acteurs du numérique, pour réaliser des infographies et des outils permettant de rendre les données plus accessibles au grand public et de créer des services à forte valeur ajoutée. Faire de la médiation sur les données libérées et accompagner leur appropriation par les citoyens et les entreprises.

➔ Accompagner les acteurs du numérique vers des activités à forte valeur ajoutée écologique et sociale

  • Promouvoir les solutions innovantes du numérique au service de l’intérêt général (transition écologique et sociale) et développer des nouveaux usages au service de l’amélioration de la qualité de vie des personnes et de la société en veillant à prendre en compte les enjeux liés à la précarité numérique.
  • Orienter les aides de la Ville et de la Métropole consacrées au numérique pour des activités liées à une meilleure gestion des ressources naturelles et des flux, une production énergétique durable, utiles à l’éducation, la recherche et la formation et à la santé (Civic tech, ed tech, green tech etc.. ).
  • Renforcer la place de l’innovation dans les marchés publics et intégrer des éléments relatifs au principe d’expérimentation dans les conditions d’exécution des marchés.
  • Créer un Comité Bordelais d’Ethique du Numérique afin d’éclairer la Ville sur les enjeux éthiques des technologies, des usages et innovation du numérique et de développer une éthique du Numérique au service de l’action publique.
  • Organiser les « assises de l’économie de plateforme » (avec tous les acteurs concernés) pour réfléchir à leur impact sociétal sur la ville.
  • Mettre en place un groupe de travail de juristes pour doter la collectivité de l’arsenal juridique nécessaire pour lutter contre l’économie de plateforme non vertueuse
    – Envisager une éco-redevance locale pour taxer l’économie de plateforme

➔ Encourager l’innovation par la coopération entre les entreprises

Le développement économique et l’innovation sont possibles par la rencontre du triptyque entrepreneur – financier – chercheur. La mairie jouant un rôle de catalyseur des initiatives et forces vives opérant sur le territoire.

 

  • Organiser les « assises de l’économie bordelaise / métropolitaine », avec le concours d’Invest in Bordeaux, en début de mandature pour fixer une feuille de route partagée sur 6 ans avec tous les acteurs économiques.
  • Créer un PTCE (Pôle territorial de Coopération Économique) dans l’objectif de faire coopérer des acteurs économiques complémentaires sur le territoire municipal sur le thème de la transition écologique et sociale : recherche, formation, insertion, industrie, commerce. 

➔ Lutter contre l’illectronisme et engager les processus d’une véritable inclusion numérique

La difficulté numérique est devenue un facteur d’exclusion majeur de notre société. 1/4 des français serait touchés par l’illectronisme.

 

  • Lancer un grand plan en en faveur de l’Inclusion Numérique avec les nombreux acteurs déjà mobilisés sur Bordeaux.
  • Accompagner la création d’un réseau de médiation numérique en proximité pour toucher et accompagner la diversité des personnes concernées.
  • Développer les espaces dédiés à l’inclusion numérique (formations et accompagnement) dans les bibliothèques, les mairies de quartier ou les lieux d’activités hybrides (voir pg culture).
  • Former les travailleurs sociaux et les agents territoriaux pour mieux accompagner les usagers avec les formalités administratives en ligne.

➔ Promouvoir l’usage du logiciel libre et open source à Bordeaux

« Si l’outil numérique est porteur d’avancées indéniables dans de nombreux domaines, la « révolution tactile » a conforté dans l’Union européenne (UE) la position des géants américains du web (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – GAFAM) désormais talonnés par leurs homologues chinois (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi – BATX). Cette position dominante conjuguée à des pratiques commerciales voire éthiques très éloignées des principes auxquels l’Union est attachée induit un enjeu majeur en termes de souveraineté. » Avis du CESE (mars 2019).

 

La Ville et Bordeaux Métropole ont un rôle majeur à jouer au travers de leurs politiques publiques pour retrouver une forme de souveraineté dans la gouvernance de leurs données et accompagner les citoyen.ne.s aux changements culturels autour de l’usage du numérique.

 

  • Développer le recours à des logiciels libres au sein de l’administration (open source), dont le code est accessible et auditable.
  • Garantir l’interopérabilité, la neutralité et la portabilité des données des solutions proposées et achetées par l’administration (restitution dans un format standard, dépôt des sources…).
  • Soutenir leur développement par la mise en place de coopératives de développeurs, l’introduction de quotas dans les appels d’offres publics et le financement de projets répondant à des besoins collectifs au plus près du territoire notamment pour des services jugés d’intérêt général (géolocalisation, environnement, contenus éducatifs et culturels, valorisation du territoire et du patrimoine, etc…).
  • Encourager et accompagner les acteurs de la formation aux logiciels libres.
  • Renforcer et développer les opérations de mutualisation numérique sur la base de logiciels libres avec les collectivités partenaires.
  • Utiliser au sein de l’administration et mettre à disposition dans les écoles les suites bureautiques libres.
  • Dégoogliser l’internet de la collectivité, installer Qwant comme moteur de recherche par défaut sur tous les postes informatiques de la ville.
  • Proposer des ateliers de codage et des formations sur les logiciels libres dans le cadre d’activités peri-scolaires ou sur les temps de pauses méridiennes.
  • Faciliter et encourager les enseignants à l’utilisation des logiciels libres dans le cadre des apprentissages numériques à l’école.

Nous publierons les éléments précis tout au long des prochaines semaines,
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